No 329 6 Tishri 5775 Mardi 30 Septembre 2014 Parachat Haazinou
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Lyon est la communauté de l'unité
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 No 09 mars 2011, Communauté France

Lyon représente la troisième communauté juive de France. Depuis 35 ans, cette communauté est conduite de main de maître par le grand rabbin Richard Wertenshlag qui l'a développée de concert avec l'ensemble des forces vives de la Torah. Il a accepté de nous recevoir pour en tracer la carte d'identité.


Hamodia : Monsieur le grand rabbin, qu'est ce qui caractérise la communauté juive de Lyon et de sa région dont vous êtes le guide spirituel depuis 35 ans ?
Grand rabbin R. Wertenschlag : La spécificité de notre communauté est qu'elle a su rester unie. Certes, il y a au sein de cette communauté des tendances diverses, parfois plus orthodoxes parfois moins, mais cela ne nous a jamais empêché de travailler dans l'union des forces vives de cette communauté. Le meilleur exemple que je citerais est celui du Beth Din que nous avons créé avec le regretté rav Poultorak zatsal et de la cacherout unique de Lyon. Depuis cette époque, nous œuvrons ensemble avec le monde orthodoxe pour le bien de la communauté. Je dois préciser que dès mon arrivée à Lyon dans les années 60, j'ai souhaité m'inscrire dans la voix tracée par mon illustre prédécesseur le grand rabbin Jean Kling zal, qui était particulièrement respecté dans le monde orthodoxe. Cette relation était particulière et je m'en suis inspiré dès mon arrivée à Lyon. Lorsque nous avons posé le socle de la cacherout régionale nous avons voulu faire en sorte que le juif le plus orthodoxe puisse consommer des produits sous notre contrôle. Nous n’avons pas, jusqu’à ce jour, avoir à souffrir de la création de plusieurs réseaux de cacherout en concurrence pour le contrôle des bouchers et des traiteurs.
- Pourtant, vu de l'extérieur, on pourrait avoir le sentiment d'une nette différence de style entre la communauté de Lyon qui serait plus généraliste et celle de Villeurbanne qui serait plus « orthodoxe ». Est-il exact de présenter les choses ainsi?
- Vu de l'extérieur on a surtout l'impression que Villeurbanne est à 100 km de Lyon alors que les deux villes sont mitoyennes et se confondent dans les mêmes rues parfois ! Non, votre impression n'est pas exacte. Il est vrai que beaucoup de familles très pratiquantes ou plus traditionalistes se sont installées à Villeurbanne pour être à proximité des écoles juives. Mais il convient de rappeler que l'école juive a d'abord été construite à Lyon. D'ailleurs, au tout début, c'est la grande synagogue de Tilsitt qui accueillait l'école de filles rattachée au réseau Loubavitch tandis que l'école de garçons, affiliée à Ozar Hatorah utilisait les locaux du centre communautaire. Là encore, comme vous le constatez, nous avons agi dans l'unité. Il y avait même une véritable osmose entre le monde orthodoxe et la communauté consistoriale. Ce n'est que plus tard que le grand rabbin Kling et le rav Fédida d’Aix-les-Bains uniront leurs efforts pour créer la première école juive à Lyon, à la demande du vénéré Roch Yéchiva, rav 'Haïkin, zatsal. Concrètement, de nombreux juifs de Villeurbanne viennent se marier à Lyon, à la grande synagogue du quai Tilsitt et à la synagogue Néveh Chalom et manger dans les restaurants du centre ville et de nombreux Juifs de Lyon vont s'approvisionner dans les supermarchés casher, qui sont nombreux à Villeurbanne, et suivre des cours dans les mosdot de Torah. Là encore, il y a une heureuse interaction.
- Est-ce que l'on ressent à Lyon, d'un point de vue religieux, la proximité géographique de la yéchiva d'Aix-les-Bains?
- Certainement. Déjà dans les années 60 et 70, le grand rabbin Kling entretenait des relations étroites avec les rabbanim d'Aix et il envoyait régulièrement des élèves lyonnais à la yéchiva. Il est également exact de préciser que l'école juive de Lyon a pu être réalisée et se développer grâce au soutien des cadres d'Aix-les-Bains sans pour autant enlever du mérite au président de notre communauté à l'époque, Jacques Dreyfuss, qui sans être orthodoxe, avait compris la nécessité d'une école juive. Les débuts n'ont pas été faciles surtout après le départ du grand rabbin Kling pour Nice. Mais aujourd'hui, on peut parler de réussite, grâce au remarquable investissement personnel de son directeur Elie Maknouz puisqu'il y a un millier d'élèves dans l'école juive de Lyon auxquels il faut rajouter les 500 élèves de l'école Beth Mena'hem dirigée par rav Chmouel Gourevitch, sans oublier le lycée technologique et le collège d'enseignement général de l'ORT dirigé par un chomer mitsvot en la personne de Monsieur Benoualid.
- Comment mesurer le développement de la communauté aujourd'hui ?
- Les données peuvent suffire à fournir une image de la vitalité de notre communauté. La première donnée la plus impressionnante est que sur 35 000 juifs recensés dans Lyon et la région, 25 000 sont actifs d'une manière ou d'une autre au sein de la communauté. La seconde donnée remarquable est le nombre de cours de Torah. Nous constatons une soif infinie d'étude au sein de la communauté et cela se traduit par des dizaines de cours pour tout public qui sont donnés dans l'ensemble des communautés. Qui plus est, nous comptons sur l'ensemble de la région Rhône Alpes, une cinquantaine de communautés dont 36 dans ce que l'on appelle le grand Lyon. Enfin, il y a sur Lyon et Villeurbanne 16 restaurants casher et une dizaine de boulangeries-pâtisseries ! Sans parler des épiceries et boucheries !
- Vous êtes le grand rabbin régional mais il y a à Lyon de véritables figures d'envergure du monde de la Torah ?
- Certainement. Et je suis heureux de mentionner en évidence l'action du rav David Pinto qui a su parler au cœur des gens et a réussi à amener un grand nombre de jeunes lyonnais et villeurbannais à l'étude de la Torah. Je suis fier de dire que nos relations avec rabbi David ont toujours été excellentes. Et d'ailleurs, je sais que si Lyon est connue à travers le monde juif, c'est beaucoup grâce à lui et aux cours qu'il donne un peu partout en Europe et en Amérique. Nous avons également le dayan de Lyon, le rav Yi'hia Teboul qui a secondé puis succédé au rav Poultorak et avec lequel nous travaillons en étroite collaboration. Et il y a bien sur l'équipe rabbinique qui est composée de rabbins consistoriaux et aussi de rabbanim, ayant une formation de yéchiva.
- Enfin, comment travaillez-vous avec les administrateurs de l’ACIL (Association cultuelle israélite de Lyon) ?
- Nous avons la chance d'avoir des administrateurs dynamiques qui sont jeunes et très actifs et qui représentent le consistoire. Ils ont un grand mérite parce que ce sont des bénévoles et qu'ils se dévouent à la communauté « Léchem Chamaïm ». Je considère que dans la relation existant dans le système consistorial entre les administrateurs et le rabbin, il faut qu'il y ait un respect mutuel et un respect des responsabilités de chacun. Le rabbin ne doit pas s'occuper de tout et décider sur tout. Il doit comprendre que sa mission, c'est aussi de tenir compte de ce que veut la communauté, à condition que cela n'aille pas à l'encontre de la Hala'ha. Mais en même temps, il ne faut pas que l'administrateur se substitue au rabbin, surtout s'il a déjà étudié dans sa vie et connaît la Hala'ha. Un jour, un président de communauté m'a dit : « Vous vivez de la communauté et moi je vis pour la communauté »… Je crois que c'est oublier le rôle prépondérant du rabbin dans la vie de la communauté, son extrême disponibilité jour et nuit pour l'ensemble de ses fidèles, son dévouement, sa capacité à connaître individuellement chaque membre de la communauté, et à être une oreille attentive ou une épaule solide pour ceux qui sont souvent dans la détresse. Je crois qu'il ne faut pas qu'il y ait de confusion dans la répartition des rôles à la tête de la communauté.


Le grand rabbin Richard Wertenshlag est né à Metz il y a 64 ans. Après avoir obtenu son baccalauréat, il entre au séminaire rabbinique dirigé à l'époque par le regretté grand rabbin Henry Schilli, zal. Il suit une courte formation rabbinique aux Etats-Unis à l'invitation de l'Union Orthodoxe américaine (O.U.) et étudie pendant un an à la yéchiva des étudiants de Strasbourg. Il arrive à Lyon comme jeune rabbin sous l'autorité du grand rabbin régional Jean Kling, zal. Après le départ de ce dernier vers Nice, il devient en 1978, grand rabbin de Lyon et de la région Rhône-Alpes. Depuis 35 ans, c'est donc lui qui guide la troisième communauté juive de France. Il est marié à la sœur de grand rabbin Moché Nezri de Paris (Chasseloup-Laubat). Il a un fils qui étudie à la yéchiva de Mir à Jérusalem et cinq filles dont deux sont mariées à des kollel man qui étudient aussi à Jérusalem.